Le discours du Pape Léon XIV lors de sa visite historique à Monaco du 28 mars nous a confronté à une évidence que nous oublions trop souvent : il nous a beaucoup été donné. Monaco est un tout petit pays, mais un tout petit pays riche, et pas que d’argent…
C'est une chance extraordinaire, mais c'est aussi une responsabilité.
Le Pape nous l'a rappelé en citant la Parabole des Talents (Mathieu 25, 14-30) où un maître confie ses biens à trois serviteurs : cinq talents à l’un, deux à un autre, un seul au dernier, « à chacun selon ses capacités ». Les deux premiers font fructifier ce qu’on leur a donné et doublent leur capital, alors que le troisième enterre son talent par crainte. À son retour, le maître félicite les deux premiers, et les fait entrer dans sa joie, mais il reproche la paresse et la méfiance du troisième, lui retire son talent et l’exclut des serviteurs fidèles.
Ainsi les Évangiles nous le disaient déjà : l'économie n'est pas un jeu à somme nulle, et il est du devoir de chacun de faire prospérer ce qu'il a reçu. Nous sommes tous différents, nous avons tous reçu nos propres talents, nous ne devons pas les enterrer mais au contraire croire en nous-même et les rendre fertiles.
Mais si ces serviteurs ont pu avoir des résultats aussi différents, c’est parce que le maître leur a laissé la liberté de choisir ce qu’ils faisaient de leur talent. Quand le troisième serviteur a eu peur et l’a enterré, les autres ont bénéficié de la liberté d'aller voir les banquiers pour commercer avec eux et on comprend que ceux-ci aussi ont gagné à cette opération. Le maître n'a pas enrichi que ces deux serviteurs, mais aussi une partie de la communauté, au travers des échanges.
Notre pays a pu développer une qualité de vie qui est internationalement reconnue et enviée, et a permis à beaucoup d’entre nous d’acquérir de nombreuses richesses, issues de l’investissement de nos talents, qui ne sont pas que matériels, comme le désigne symboliquement ce mot dans la Bible.
La seconde partie de la parabole revient ainsi sur le don au collectif qui nous unit : ‘faire de l’argent’ n’est pas un but, c’est ce que nous en faisons après qui compte vraiment. Redonner au collectif pour développer ce qui manque, former les humains, transmettre les savoirs, et laisser un monde meilleur après notre passage sur cette terre.
Mais c’est la suite de notre histoire…
Philippe Ortelli
Président
PS : Prenez 10 minutes pour lire le dossier sur les actions de la FEDEM durant l'année écoulée.















